Comment choisir et gérer ses cartes mémoire

  Avant d’aborder la gestion de cartes mémoire je souhaiterais évoquer les cartes que j’utilise et pourquoi. Vu la quantité des cartes disponibles, il peut être difficile de choisir la bonne carte, donc un petit rappel sur les différentes cartes que l’on peut rencontrer.

Les cartes et leur utilité

Carte SD (Secure Digital)

Les cartes SD (Secure Digital) sont sans aucun doute les cartes les plus utilisées encore aujourd’hui après presque 20 ans d’existence (inventé en 1999). On les trouve dans les appareils photo, caméscope, GPS…
Ma carte SD Sandisk Extreme 32Go
Ma carte SD Sandisk Extreme 32Go
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Carte Micro SD

Les cartes Micro SD ont remplacé les cartes Mini SD en 2005. Leur utilisation est essentiellement limitée aux téléphones, les cameras d’action telle que le GoPro Hero 4 Silver que j’utilise avec mon GoPro Karma grip, les drones et les enregistreurs audio tels que mon Zoom H1.
Ma carte micro SD Sandisk Ultra 64Go
Ma carte micro SD Sandisk Ultra 64Go
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Carte CF (Compact Flash)

Les cartes CF (Compact Flash) ne sont principalement utilisées que par les appareils photo de professionnel. Historiquement, elles coutaient moins cher à produire et offraient une plus grande capacité de stockage.
Ma carte CF Lexa Professional 128Go
Ma carte CF Lexar Professional 128Go
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Carte CFast

Les cartes CFast (Compact Fast) sont une variante des cartes CF. Elles ont pour avantage une meilleure vitesse de transfert et sont de ce fait utilisées par certaines caméras comme la Canon XC10, la Blackmagic Ursa, mais aussi des DSLR comme le Canon 1DX II et le Hasselblad H6D-100c qui a besoin de transférer ses images de 100 mégapixels.
La carte CFast Sandisk 64Go
La carte CFast Sandisk 64Go
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Carte XQD

Les carte XQD sont aussi une variante des cartes CF offrant un transfert d’écriture et de lecture allant de 125Mb à 500Mb. Avec la fermeture de la marque Lexar, Sony semble erte le seul fabriquant de ce typed e carte àl’heure acturelle. Certains camescopes 4K  (ex: PXW-Z100) de chez Sony et les DSLR de chez Nikon (D4, D5, D850, D500) utilisent ce nouveau genre de carte flash.
La carte XQD Sony 64Go
La carte XQD Sony 64Go
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Vitesse de transfert – un cauchemar

Il te suffit de faire une recherche sur amazon pour une carte SD et tu risques d’avoir un sérieux mal de crâne. Il y en a de toutes les marques et avec chacune plusieurs informations liées à la vitesse de transfert qui sont très confuses. Il est temps de démystifier tout cela.

Classe de vitesse

Au début, les cartes SD étaient classées en fonction de leur vitesse minimale d’écriture et de lecture possible (pas nécessairement obtenue ni constant). C’est pour cela que l’on trouve une information de classe sur les cartes SD:
Tableau des classes de vitesse pour le cartes mémoire.
Tableau des classes de vitesse pour les cartes mémoire.

X fois plus rapide qu’un CD

La carte SD Sandisk 32gb 1000X
La carte SD Sandisk 32gb 1000X
Comme si cette information de vitesse ne suffisait pas, certains fabricants ont décidé d’ajouter une autre information de vitesse notée comme ceci: NombreX . C’est là que cela commence à être confus. Ce nombre représente le multiple de la rapidité d’écriture et de lecture d’un CD (150KB/sec). Donc si tu n’es pas un geek voilà ce que cela signifie en français: Une carte indiquant 533x permet d’écrire à 533 x 0.15 (vitesse du CD) = 80Mb/sec (il y a 1000KB dans 1 Mb). Pourquoi ces fabricants ne se sont pas contentés de marquer la vitesse résultante plutôt qu’un multiple me dépasse franchement.

Classe de Haute Vitesse

En 2010, avec l’apparition de la 4k les appareils (les caméras…) avaient besoin de pouvoir enregistrer beaucoup d’information rapidement et un nouveau standard de classe de vitesse est apparu: le UHS. Contrairement aux classes de vitesse originales, UHS indique une vitesse d’écriture et de lecture minimale et constante.
Tableau des classes de vitesse UHS pour le cartes mémoire.
Tableau des classes de vitesse UHS pour les cartes mémoire.

UHS-I, UHS-II & UHS-III

Si je ne t’ai pas encore perdu dans tout ce bazar, sache qu’il y a trois variantes de communication à ce jour avec les classes UHS qui offre une vitesse (non constante) de transfert maximal différente, le UHS-I, le UHS-II et le UHS-III.
Tableau des types de communication pour les cartes mémoires UHS
Tableau des types de communication pour les cartes mémoire UHS

Classe de vitesse pour vidéo

Les spécifications des cartes mémoire ont évolué au cours des années afin d’offrir de plus en plus de capacité de stockage de données. Ainsi, en 2006 fut créé le format SDHC (Secure Digital High Capacity) permettant de stocker jusqu’à 32Go. En 2009, le format SDXC (Secure Digital eXtended Capacity) repousse la limite jusqu’à 2TB. En 2016, sort la version de ce format et la notion de Classe de Vitesse pour vidéo est ajoutée pour les cartes UHS afin de supporter le format de haute résolution tel que le 8K. La vitesse minimale d’écriture pour ce format atteint les 90Mb par seconde.

Petit recap

Voici un tableau te montrant toutes les options de vitesse pour les cartes SD
Tableau récapitulatif des classes de vitesse pour les cartes mémoires
Tableau récapitulatif des classes de vitesse pour les cartes mémoire

Quelle carte choisir en ce qui concerne la vitesse?

Bien sûr, il va de soi qu’il faut que tu choisisses le type de carte supporté par ton appareil. Mais cela va bien au-delà de SD. microSD ou CF.  En effet, une fois que tu as déterminé le type de carte, il ne suffit pas de prendre la plus rapide. Tout d’abord, il faut que tu lises le manuel d’instruction, car ton appareil, car ce dernier n’est pas forcément compatible avec les cartes les plus rapides telles que UHS-I, UHS-II et encore moins UHS-III. En revanche, il se peut qu’il te fasse utiliser une carte d’une classe de vitesse minimum afin de pouvoir activer certaines fonctionnalité de ton appareil ou caméra. Tel que filmer en 4k qui souvent demande une carte de classe 10 et U3. Pour faire des photos au format RAW avec un DSLR moderne je te conseillerais d’utiliser une carte qui soit au minium de classe 10. Si ton appareil est compatible avec les classes UHS, alors tu peux directement prendre une carte de classe 10 U3, car un fichier RAW est souvent autour de 30MB et donc pouvoir l’écrire en à peine 1-2 seconde va t’assurer que ton buffer se débloque rapidement si jamais tu shootes en rafale.

Quelle taille de carte choisir?

À savoir que si je choisis d’aborder la capacité de la carte après la notion de vitesse, il est assez évident que les deux notions sont identiquement importantes. Si ma carrière professionnelle d’informaticien m’a appris au moins une chose qui à un intérêt dans la photographie,  c’est que plus on peut stocker sur un disque dur, une clef USB, une carte mémoire en tout genre, plus grande est la perte quand le module de stockage est corrompu. Quelle est donc la bonne balance en trop et pas assez? En considérant que tu shootes RAW, car si tu ne le fais pas, j’espère pour ton âme que cela est raisonnablement volontaire, chaque image va peser environ 30Mb (sauf bien sûr si tu as un des derniers DSLR qui offre du 30 mégapixels ou plus cela va de soi). En tant qu’amateur, tu peux très bien te contenter d’une carte de 16GB, car elle te permettrait d’avoir autour de 500 photos. En tant que photographe professionnel de mariage, je n’utilise que des cartes ayant une capacité minimum de 32gb, mais ceci en combinaison avec un système de redondance embarqué dans mes Canon 5DIII et 5DIV qui acceptent 2 cartes mémoire.

Mes cartes et mes outils

Le contexte

Comme indiqué au-dessus, je suis un photographe professionnel spécialisé dans le mariage. Les mariages que je couvre durent en moyenne 14 heures et je prends environ 2000 images au format RAW.

Mes appareils photo

Je shoote avec deux DSLR professionnels plein format:
  • Canon 5D III
  • Canon 5D IV
Si je ne vais pas expliquer dans tous les détails, ici, pourquoi j’utilise ces outils, il est très important de noter que le fait qu’ils prennent chacun deux cartes mémoire est la fonctionnalité la plus cruciale. Ceci permet d’enregistrer chaque photo sur deux cartes simultanément et si une venait à se corrompre, les photos seraient sauves sur l’autre. Un mariage est un événement unique en soi et donc on ne peut pas se permettre de perdre des photos. Les photographes de mariage qui utilise des DSLR n’acceptant qu’une seule carte mémoire me répugnent. Ce sont des cowboys qui n’ont du respect ni pour leur profession, ni pour leurs clients, ni pour leur propre travail! 

Mes cartes mémoire

Afin de couvrir les 14h d’événement, j’utilise 8 cartes:
  • 3 cartes SD de 32Go
  • 1 carte CF de 128Go
  • 1 carte CF de 64G0
  • 1 carte CF de 16G0 (backup)

Ma méthode pour minimiser le risque

La méthode de gestion de risque concernant mes cartes mémoire est le résultat de plusieurs années d’expérience en tant que photographe professionnel de mariage. Un mariage est une pièce en 3 actes:
  • La préparation des mariés
  • La cérémonie
  • La réception
À ma ceinture se tient un porte-feuille pour mes cartes mémoire. C’est ainsi que je peux accéder aux cartes et faire le change rapidement et sans tracas. De plus, je n’ai pas à me demander en fin de journée où est ce que j’ai stocké mes cartes, dans quelles poches de mon sac ou veste. Dans chaque DSLR se trouve 1 carte CF dont la capacité excède largement les besoins d’espace pour couvrir tout un mariage. J’utilise également une carte SD de 32GB pour la réplication simultanée dans chaque DSLR et je change cette carte pour une vide avant chaque acte (voir mention au-dessus). Chaque acte à sa couleur se qui me permet de ne pas réutiliser une carte et lors de l’import des photos sur mon ordinateur je sais sur quelles cartes se trouvent un momment particulier de la journée.
Chaque pair de cartes SD a un code couleur (Vert = Preparations, Jaune = Cérémonie, Rouge = Post cérémonie )
Chaque pair de cartes SD a un code couleur (Vert = Préparations, Jaune = Cérémonie, Rouge = Post Cérémonie )
Ainsi, si jamais une mes cartes CF venait à être corrompue, toutes les photos seraient sauves sur les cartes SD. Si jamais une mes cartes SD venait à être corrompue, les photos quelle contenait seraient sauves sur une des cartes CF. Si jamais un appareil venait à tomber dans l’eau et que les cartes SD et CF embarquées soient corrompue, je n’aurait perdu moins de 1/3 du mariage  (moins, car je shoote chaque scène avec 2 appareils pour des raisons de longueurs focales, donc certaines photos de cet acte seraient sauvées). Dans les cas où il m’est demandé d’afficher certaines photos du mariage pendant la réception, j’en profite lors de la mini séance de développement pour sauvegarder sur mon MacBook Pro toutes les photos de l’acte 1 et 2. Ceci rajoute un autre niveau de sécurité. La gestion de risque permet de minimiser l’imprévu, mais n’est pas une garantie à 100%. Au moins, si jamais il me venait une catastrophe, je pourrais regarder mes clients en face et leur dire que j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour limiter les risques. Suis-je parano? Oui et c’est aussi cela être professionnel et ce qui explique également pourquoi mes clients me payent plusieurs milliers d’euros pour leur mariage.

Formattage

Afin de limiter les risques d’anomalie avec tes cartes mémoire, je te conseille fortement:
  • Toujours formater tes cartes avant de faire un nouveau shoot
  • Ne jamais formater tes cartes depuis ton ordinateur. Ceci est connu pour accentuer le risque de corruption. Formate depuis ton appareil photo ou caméra.
  • Choisir l’option de formatage en profondeur si elle existe.

Conclusion

Les cartes mémoire sont des accessoires indispensables pour notre photographie. Encore faut-il savoir les choisir correctement et ne pas souhaiter faire de fausses économies en achetant des marques inconnues. Si Lexar est en voie de disparition (après leur annonce durant l’été, d’abandonner la fabrication d’unité de stockage mobile et de se focaliser sur d’autre source de revenue), Sandisk reste à mes yeux la meilleure marque de confiance offrant même une certaine solution de récupération de données en cas de corruption ( je n’ai jamais eu l’occasion de la tester). Quelque soit la réputation d’une marque, il n’en reste pas moins un outil technologique et de se fait, non exempt de corruption ou autre anomalie. De ce fait, il est crucial d’acquérir une méthode de gestion de risque afin de ne pas pleurer le jour ou l’imprévue frappe à ta porte. Ce n’est pas une question de si, mais de quand. J’espère que cet épisode t’aura apporté de la lumière sur le sujet. Dis-moi ce que tu en penses dans un commentaire ci-dessous et si tu as ta propre méthode de gestion de risque pour tes cartes mémoire, je suis curieux de la connaitre.

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