Pourquoi & Comment je suis devenu un Licentiate Master Photographer

Une profession de solitaire

Par souci de créer une marque synonyme de qualité, le doute s’est installé dans ma vie en 2012 et n’a cessé de grandir avec le temps. Si le doute régi par l’envie de bien faire peut être considéré comme étant signe de perfectionnisme, il peut vite devenir un véritable calvaire permanent non seulement pour l’artiste, mais aussi pour ceux qui l’entourent. Mais que faire pour l’atténuer?

Les proches

J’ai la chance d’être bien entouré de gens qui m’aiment et me soutiennent au quotidien. Si leurs témoignages d’appréciation pour mon travail font plaisir, ils ne font pas le poids face au doute parasite. Pourquoi? Simplement parce qu’ils ne sont photographes professionnels et donc comment croire en la véracité de leurs louanges.

Les clients

Le jour où on vend sa première oeuvre, une séance de photo de famille ou une couverture de mariage, est le jour du couronnement. Ça y est, je suis professionnel, je suis reconnu comme un pro. Très vite ce sentiment de réussite se transforme en une illusion éphémère et le doute reprend du dessus. Au fil des années je me suis rendu compte à quel point la satisfaction du client en voyant les photos résultantes est biaisée. En effet, une fois que mes clients ont signé leur contrat de photo, ils ressentent déjà une grande satisfaction. Ils vont même jusqu’à vanter mes mérites auprès de leurs proches avant même que notre première séance photo est eu lieu. À partir du moment où la séance de photo se passe bien et qu’ils en gardent une bonne expérience, ils sont conditionnés et vont adorer les photos résultantes. Ainsi, même si je me nourris de leurs premières réactions en découvrant leurs photos et que la satisfaction du client devrait être l’ultime ligne d’arrivée, le doute persiste. Il m’arrive de revoir, plusieurs mois/années plus tard, des photos que j’ai produites pour mes clients et de découvrir des choses que j’aurais pu améliorer lors de la prise de vue ou du post traitement. Et pourtant, ces clients étaient enchantés par leurs photos. Ceci signifie donc que la satisfaction du client ne peut pas être l’unique gage de qualité.

Les associations de photographes

Comme l’admiration et le soutien de mes proches ainsi que la satisfaction unanime de mes clients ne suffisent pas à estomper cet état de doute et de quête permanente de perfection, en fin 2016, j’ai découvert les associations de photographes. Ce sont des entités/ réseaux plus ou moins reconnues qui regroupent photographes professionnels et parfois mêmes amateurs. Dans le Royaume-Uni, j’en ai compté 8 principales :

En mars 2017, j’ai profiter du salon de la photo à Birmingham pour rencontrer chacune de ces associations afin de mieux comprendre leurs différences et de trouver celle qui me correspond le mieux. Après une pare midi de rencontres fortes intéressantes, la décision était évidente, je rejoignais les rangs des Master Photographers.

The Master Photographers Association

Voici pourquoi j’ai choisi cette association plus qu’une autre?

  • Réservée aux professionnels
  • La seule association qui ne m’a pas promis que j’obtiendrais la plus haute qualification en à peine quelques mois après mon inscription
  • Une véritable structure de soutien et mentoring en plus des formations organisées (a cout réduit) tout au long de l’année
  • Un système de qualification dont le niveau est nettement supérieur
  • Assistance juridique gratuite

Licentiate Master Photographer

Bien que l’on peut s’inscrire à l’association, seuls les membres qualifiés peuvent prétendre au titre de Master Photographer et arborer les initiales honorifiques LMPA, AMPA, FMPA. Le premier niveau de qualification est les Licentiate qui peut se traduire par « Membre Qualifié ». Ce niveau reconnaît le professionnalisme (dans le sens de qualité ) du photographe, sa maitrise de ses outils pour produire des oeuvres de qualité. Les deux autres niveaux, Associate et Follow sont liés à un style unique et une grande maturité dans la profession.

La qualification

Quand on souhaite passer une qualification, on choisit une catégorie (mariage, portrait, paysage, éditorialiste, commerciale…). J’ai bien évidemment choisi le mariage, mais ce que j’allais découvrir après coup, c’est qu’il s’agit de la catégorie la plus difficile. La difficulté réside dans le choix prédéfini des oeuvres que l’on doit soumettre devant les juges. Il s’agit d’un panneau de vingt photos, imprimées et montées. 10 d’entre elles doivent être issues d’un seul et même mariage et correspondre à des moments très précis dans la journée (signature du contrat, le couple, le groupe…). Les 10 autres doivent être issues de 8 mariages différents.

Les juges sont des pointures dans la profession (par forcement de mariage) qui ont généralement  entre 10-15 ans de carrière minimum et parmi mes juges, certains sont des photographes de renommée mondiale et des auteurs de livre sur la pratique de la photographie de mariage. Ils vont analyser et noter chaque image selon les critères suivants:

  • Le contrôle et le créatif: focus sur la pose et la composition
  • Les compétences techniques: Évaluation du choix de matériel
  • Lumière: Étude de la justesse de la gestion de la lumière en fonction du sujet
  • Post production: Évaluation des compétences de retouche  et de manipulation numérique, qualité du produit fini et son impact sur le contenu de l’image
Le paneau de 20 photos pour la qualification du Licentiate Master Photographer

Le panneau de 20 photos pour la qualification du Licentiate Master Photographer

En plus d’être jugé sur ces vingt photos, il nous est demandé de produire une thèse d’une trentaine de pages sur :

  • Présentation de l’entreprise
  • Présentation des preuves d’activité
  • Présentation des règles de sécurité et de la gestion des risques
  • CV détaillé
  • Présentation de la chaine de production
  • Présentation de la vision personnelle sur la photographie
  • Présentation du panneau de photo avec explication pour chaque cliché
  • Présentation des plans d’évolution de l’entreprise

Voici ma thèse au format pdf:TomMigotPhotography_LMPA_WorkingProfile

Le jour de la qualification, je me suis rendu dans le centre de l’Angleterre, près de Birmingham. Les juges ont étudié chaque photo ainsi que la thèse avant de me rencontrer et de m’annoncer leur verdict positif. J’ai vécu cette annonce comme une reconnaissance de la profession. Je n’oublierais jamais le visage de Skye rempli de bonheur et de fierté en me voyant sortir de la salle de délibération avec le sourire. Toutes ces années, weekend, heures passées a s’exercer et travailler sans relâche n’ont pas étaient pour rien.

6 mois plus tard

J’ai été qualifié le 10 aout 2017 et cela fait désormais 6 mois. Je ne regrette pas du tout le choix de rejoindre la MPA. J’ai participé à un weekend de formation de qualité pour moins de 50 euros, fait de nombreuses rencontres avec d’autres photographes en Angleterre et en Écosse. J’ai profité de l’expérience de mes camarades pour gérer certaines situations qui sortaient de l’ordinaire. En devenant un photographe professionnellement qualifié, non seulement j’ai plus que doublé le nombre de réservation de mariage par rapport à l’année précédente, mais tout ceci après avoir augmenté mes tarifs de 1/3.

J’espère que tu as trouvé ce témoignage intéressant et dis moi dans un commentaire si tu es membre d’une association de photographe ou d’un club et si tu en es satisfait.

Revue Photo Mensuelle - Décembre 2017 - 2e partie
Revue Photo Mensuelle - Janvier 2018 - 1ère partie
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Commentaires

  1. Nicolas

    Salut tom,
    Un grand merci pour cette vidéo qui ma vraiment touché .
    Car je vie un peux ça en ce moment, j’ai juste moins de chance car je suis moins bien entouré , et j’ai vraiment l’impression d’être seul pour mon projet , avec plein de doutes sur énormément de questions sur ma façon de travaillé, ma façon de démarché mes futur clients ect…
    j’essaie de mettre dans l’ordre toute c’est question pour essayer d’y répondre dans le bonne ordre si l’ont veux
    comme tu la dit il n’y a pas de check liste magic pour la réussite de sont entreprise, même si il y a des bases que j’apprends en ce moment, j’ai quand même du mal a savoir si je vais dans la bonne direction n du moins si je mis prend bien.
    Cette vidéo me fait me posé encore plus de questions sur mon avenir en temps que photographe professionnelle . mais c’est vraiment une très bonne chose !
    Car je pense que cela me fera avancé , et ça me donne encore plus envie de ne rien lâché !

    Je vais me renseigné sur les associations de photographe dans mon secteur et voir si je pourrais partager avec d’autre photographes. et peux être me sentir moins seul 🙂
    Je te remercie encore de partager ça avec nous 🙂
    et encore bravo pour Licentiate Master Photographer ! 😉

    1. Tom Auteur du sujet

      Merci Nicolas,
      merci pour ton commentaire et je te souhaite bonne chance dans tes projets. Ne lache rien. Quand je parle de calvaire et d’autres choses qui ont une connotation negative, il faut se remettre dans le context et voir qu’elle serait l’alternative. Je me lève et me couche quand j’en ai envie. Je m’organise du mieux que je peux/veux et quand les choses ne vont pas complètement dans mon sense et bien je n’ai personne d’autre a blamer.
      Comme je l’ai dit dans la video, je n’ai jamais eu besoin de réfléchir dans ma vie d’adulte. J’ai pris le train en marche, après plussieurs métiers mais sans jamais avoir besoin de m’arrêter et de vraiment réfléchir. Depuis la creation de ma société, je n’arrête pas et c’est tres vigorifiant. Encore une fois, bonne chance et si je peux t’aider d’une façon ou d’une autre maigres mon emplois du temps chargé, n’hésite pas a me faire un signe.

      1. Nicolas

        Merci Tom,
        c’est très gentil de ta part, t’on envie de partage et d’aide ce ressent depuis la début que je te suis !
        Je vais me battre et je te tiendrais au courant de l’avancé de mon projet 😉

        j’aime beaucoup ce genre de vidéo en tout cas !
        Je vais lire ta thèse avec la plus grand attention, nul doute que je vais encore apprendre beaucoup de choses 😉

  2. Chris chrisdalprech

    Merci Tom,
    Je dirai que je suis presque « heureux » de constater que toi aussi ; tu vis ta passion avec le doute.
    Je me permets d’aborder une réflexion sur laquelle j’aimerais avoir ton avis :
    Ne penses-tu pas que les tarifs que tu pratiques et donc la clientèle que tu côtoies , t’emmène dans des endroits de shoot relativement exceptionnels et donc « facilite » ton travail de créativité sans oublier bien sûr l’exigence de ce niveau de clientèle.
    C’est juste une réflexion personnelle qui n’a rien de péjorative, qui n’enlève rien à l’estime, à ton talent et à la reconnaissance que je te porte.
    En ce qui me concerne, tu es un Maître depuis longtemps ; alors soit sûr de tes qualités tant photographiques que pédagogiques et continue de capturer mon attention.
    Merci Tom

    1. Tom Auteur du sujet

      Merci Chris pour ta question interessante. C’est quelque chose que je dis souvent au photographe « pas chers » que je rencontre dans les salons. Si tu tires les tarifs vers le bas, tu auras la clientele qui correspond. Certes ces photographes font une centaine de mariage par an mais ils n’ont pas le choix car financièrement ca ne rapporte pas bcp. Cela dit, il ne suffit pas d’augmenter les tarifs car faut il encore avoir le niveau qui convient. C’est très difficile de sortir des prix bas car on n’a pas de beau mariage a montrer a des clients potentiels. C’est pour cela que des mon 2eme mariage mes tarifs n’étaient pas les plus bas du marcher.

  3. Philippe

    Bonjour Tom,
    Très bien cette vidéo « marketing ». J’ai l’impression que c’est le lot de beaucoup de photographes professionnels autonomes de galérer. Mon parcours était tout autre et maintenant, ce n’est que pour mon plaisir que je pratique cette discipline. Un jour, j’ai croisé un pro et lui demandais conseil pour ma fille qui ce posait ces questions pour son avenir. Elle a vite compris qu’il fallait qu’elle pense à autre chose. Elle est géologue maintenant, rien à voir!
    Cette nouvelle qualification t’oblige à la rigueur et à la satisfaction de tes clients. Mais je ne doute pas de ton professionnalisme. D’ailleurs, peut-être mettras-tu en place la fameuse enquête de satisfaction?
    Tu disais dans ton auto-interview que l’Académie t’apporte beaucoup et nous te sommes reconnaissant pour ce que tu nous apportes. Une question me traverse l’esprit: connais-tu la proportion de pro par rapport au pur amateur qu’il y a dans ton Académie?
    Bon courage pour la suite,
    Phil

    1. Tom Auteur du sujet

      Merci Philippe pour ton commentaire. J’avoue que je ne dissuaderais jamais quelqu’un de devenir photographe professionnel. En ce qui concerne le pourcentage de pro permis les membres actif de l’Académie, elle est de 10%.

  4. Norbert

    Salut Tom,
    Nouveau à l’académie, je me permets de te féliciter pour l’obtention de ta Licentiate Master Photgrapher qui finalement concrétise un parcours, une oeuvre mais surtout, en ce qui me concerne un état d’esprit.
    Trois choses ont retenu mon attention dans ta présentation la famille, la notion de doute et celle de partage . Ce sont des valeurs importantes dans une société individualiste. C’est ce qui m’a fait rejoindre d’ailleurs l’académie et les premiers contacts m’ont conforté dans ce sens.
    Ta manière de communiquer est rassurante et celle de parler de la tarification avec autant de franchise m’a plu car tout travail mérite salaire. En ce qui concerne la question de Philippe sur la stat. de l’académie je suis tout ce qu’il y a de novice en matière de photo mais je souhaite ne pas garder ce statut indéfiniment.
    Bonne continuation et surtout ne change rien pour ne pas dire ne change pas.
    Bien cordialement
    Norbert

    1. Tom Auteur du sujet

      Merci Norbert pour ton gentil commentaire et pour avoir rejoint les rangs de l’académie. On a tous ete novice un jour et il ne faut pas l’oublier.

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